En avril, la NAACP a lancé une action en justice contre xAI. L’organisation accuse l’entreprise d’avoir exploité illégalement 27 turbines à gaz naturel dans une centrale alimentant un centre de données situé à Southaven.
Et ce, sans permis d’émissions atmosphériques. Mais visiblement, cette procédure n’a pas freiné la société d’IA d’Elon Musk. Elle aurait ajouté 19 turbines de plus sur le site entre fin mars et début mai.
Des échanges d’e-mails internes obtenus par le Southern Environmental Law Center et relayés par WIRED l’indiquent du moins.
D’après le Département de la qualité environnementale du Mississippi, xAI disposerait désormais de 46 turbines mobiles temporaires sur son terrain de Southaven.
Une affaire compliquée
Aux États-Unis, la loi sur la qualité de l’air impose normalement aux entreprises d’obtenir des autorisations avant de mettre ce type d’équipement en service.
En mars, l’État du Mississippi avait déjà accordé à xAI un permis pour construire une centrale composée de 41 turbines. Ces dernières sont destinées à alimenter les centres de données Colossus 1 et Colossus 2, installés près de Memphis.
Toutefois un mois plus tard, la NAACP, accompagnée du Southern Environmental Law Center et d’Earthjustice, a accusé l’entreprise d’avoir utilisé plusieurs turbines avant même d’obtenir l’autorisation nécessaire.
L’affaire tourne maintenant autour d’une faille réglementaire assez étonnante. Les turbines étant montées sur des remorques, elles seraient considérées comme des “installations mobiles temporaires”.
Ce statut permettrait de les utiliser jusqu’à un an sans permis d’émissions atmosphériques. Les autorités du Mississippi semblent considérer les 46 turbines de xAI comme entrant dans cette catégorie.
De leur côté, les associations environnementales ne sont absolument pas d’accord avec cette interprétation. Selon leurs avocats, ces turbines ne peuvent pas être considérées comme réellement mobiles puisqu’elles sont installées sur place pour alimenter durablement les centres de données.
La loi américaine définit d’ailleurs une turbine stationnaire comme un équipement non destiné à être déplacé pendant son fonctionnement. Cela, même s’il est monté sur un véhicule pour le transport.
En quoi les tribunes à gaz de xAI posent problème ?
Ces turbines à gaz deviennent de plus en plus populaires avec l’explosion de l’intelligence artificielle. Les centres de données modernes consomment énormément d’électricité jour et nuit.
Résultat : plusieurs géants de la tech installent directement leurs propres systèmes énergétiques sur site. Cela permet d’éviter les coupures et de suivre le rythme infernal des IA génératives.
Le problème, c’est que ces turbines fonctionnent grâce au gaz naturel. Elles restent moins polluantes que certaines centrales au charbon. Pour autant, elles rejettent tout de même des substances nocives. Genre, des oxydes d’azote, du monoxyde de carbone ou encore des composés organiques volatils.
Dans leur plainte, les associations soulignent d’ailleurs l’impact potentiel sur les habitants vivant autour du site. Elles rappellent que des milliers de personnes résident, travaillent ou étudient près de l’installation énergétique liée au projet Colossus.
Ainsi, début mai, la NAACP a demandé au tribunal de suspendre immédiatement l’exploitation de cette “centrale illégale” pendant toute la durée du procès. L’organisation estime qu’une intervention rapide est nécessaire pour protéger les communautés voisines contre d’éventuels risques sanitaires.
Mais pour le moment, la justice américaine n’a pas encore rendu sa décision.
Cet article xAI : Elon Musk poursuivi en justice pour ses turbines à gaz… alors il en rajoute a été publié sur LEBIGDATA.FR.
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