Les experts nous avaient prévenus depuis longtemps. L’IA allait finir par grignoter des emplois. Mais, je ne m’attendais pas à voir les chiffres monter si vite. Parce que 55 000 postes supprimés, ce n’est pas rien.
Je le vois partout, dans les communiqués officiels comme dans les discours de dirigeants. L’IA serait responsable de nombreuses pertes d’emploi. Non, ce n’est pas qu’une impression. Le cabinet Challenger, Gray & Christmas, le confirme. Sur les 1,1 million d’emplois supprimés, 55 000 licenciements sont directement attribués à l’IA. Est-il le moment de s’inquiéter ?
La technologie, premier secteur touché par les destructions d’emplois par l’IA
Ce constat est sans surprise. Les géants du numérique ont taillé dans leurs effectifs à coups de milliers de postes. Le tout, souvent accompagné de grandes phrases sur la modernisation et l’automatisation.
Amazon en est l’exemple parfait. En juin, son PDG Andy Jassy explique aux employés que l’IA va réduire le besoin de main-d’œuvre sur certains emplois. Ce qui a conduit jusqu’à 14 000 licenciements.
Le hic ? En octobre, le ton a changé. Parce que face aux investisseurs, le même dirigeant admet que ces décisions ne sont pas vraiment liées à l’IA. Pas pour le moment, en tout cas.
Même histoire chez Salesforce. L’entreprise n’hésite pas à affirmer que jusqu’à 50 % du travail serait désormais effectué par l’IA. C’est une déclaration impressionnante, mais qui masque une autre réalité. Cette technologie ne remplace pas massivement les salariés, elle empêche surtout d’en embaucher.
Les postes juniors et les emplois d’entrée de carrière sont les premiers sacrifiés. Beaucoup d’entreprises préfèrent attendre, convaincues à tort que l’IA pourra tout faire.
L’IA sert surtout d’alibi
Voilà un détail qui dérange pourtant ce récit. Car une étude du MIT publiée cet été révèle que 95 % des entreprises ayant lancé des projets IA n’ont observé aucun retour financier. Ce n’est pas exactement la révolution promise.
Dans les faits, les licenciements sont principalement dus à d’autres facteurs. Toujours selon Challenger, Gray & Christmas, les suppressions liées aux restructurations sont deux fois plus nombreuses que celles attribuées à l’IA. Les conditions économiques en expliquent près de quatre fois plus. Et les coupes budgétaires gouvernementales, presque six fois plus.
Même l’industrie manufacturière, pourtant portée par la construction massive de data centers, a perdu près de 60 000 emplois depuis le début de l’année. Là encore, l’IA n’y est pour rien.
La vérité est que beaucoup d’entreprises ont trop recruté pendant les années fastes. Aujourd’hui, les marges se resserrent, l’économie tangue. Et il faut rassurer la Bourse. Accuser l’IA permet de faire passer la pilule.
Cet article L’IA accusée d’avoir détruit 55 000 emplois en 2025 a été publié sur LEBIGDATA.FR.
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