Face à l’avancée rapide de l’IA, Nokia souhaite rallier les entreprises de l’UE afin de sauver leur souveraineté numérique.
L’intelligence artificielle avance vite, très vite, et Nokia estime que l’Europe risque de ne pas suivre. Selon l’équipementier finlandais, l’IA est déjà en train de saturer les réseaux actuels, au point qu’une réaction collective devient urgente. Pour Nokia, c’est clair que face à l’IA, les entreprises de l’UE ne peuvent plus avancer en ordre dispersé.
L’IA met les réseaux européens sous pression
Nokia a commandé une vaste étude auprès d’environ 2 000 décideurs en Europe et aux États-Unis. Les résultats montrent que les infrastructures actuelles ne sont pas prêtes pour une adoption massive de l’IA. TechRadar affirme qu’en Europe, 86 % des firmes interrogées estiment effectivement que leurs réseaux ne tiennent pas la charge.
Plus inquiétant encore, plus de la moitié constatent déjà des problèmes concrets. Cela concerne notamment la latence, les pannes ou les limites de débit. Ces raisons contribuent donc au fait que les entreprises de l’UE ont encore du mal à s’adapter à l’IA.
Des limites techniques déjà visibles sur le terrain
Contrairement à une idée répandue, le problème ne concerne pas le futur mais le présent. En fait, deux tiers des entreprises européennes utilisent déjà l’intelligence artificielle en production. Les usages explosent, les volumes de données aussi. De ce fait, les réseaux conçus pour le streaming et la navigation web atteignent leurs limites.
Pourquoi cela change complètement les règles du jeu
L’IA ne consomme pas le réseau des entreprises de l’UE et ailleurs comme les usages classiques. Nokia explique que les flux de données deviennent de plus en plus intensifs en téléversement. Et pourtant, les réseaux étaient historiquement optimisés pour le téléchargement.
Les véhicules autonomes, les usines intelligentes et la santé à distance génèrent d’énormes volumes de données. Ces données sont produites en périphérie du réseau. Elles doivent ensuite remonter vers des centres de calcul.
Les besoins réseau inédits de l’IA dans les entreprises de l’UE
Ces nouveaux usages exigent ainsi une faible latence. Mais aussi, une forte résilience et des échanges bidirectionnels constants. Sans adaptation rapide, les réseaux européens risquent de devenir un goulot d’étranglement pour l’IA. Ceci risque alors de freiner son déploiement à grande échelle.
L’IA, une vraie menace pour les entreprises de l’UE
Au-delà des performances, Nokia pointe un énorme enjeu stratégique pour l’Union Européenne. Près de 29 % des dirigeants européens redoutent de devoir déplacer leurs charges de travail d’IA à l’étranger. La raison est, bien sûr, l’insuffisance d’infrastructures. Un scénario qui irait à l’encontre des efforts actuels de relocalisation et de souveraineté numérique.
Si on regarde du côté tensions géopolitiques et dépendance technologique, cette perspective inquiète fortement. L’IA devient un levier de compétitivité nationale, et les entreprises de l’UE auront du mal à suivre la cadence. Les réseaux insuffisants pourraient effectivement placer l’Europe en position de faiblesse face aux États-Unis ou à l’Asie.
Nokia appelle à une réponse collective et coordonnée
Pour éviter ce décrochage, Nokia appelle à une mobilisation commune des entreprises. Mais pas seulement elles, car cette bataille inclut également les opérateurs télécoms et les pouvoirs publics. L’objectif est donc de moderniser rapidement les réseaux. Pour cela, ils devront investir dans des infrastructures destinées aux entreprises de l’UE, pensées dès le départ pour l’IA.
Investir et réguler pour préparer les réseaux à l’IA
L’exécution de ce plan passe avant tout par des réseaux à faible latence. Puis, une meilleure gestion des flux bidirectionnels et des investissements massifs dans la fibre et l’edge computing. Nokia insiste en outre sur la nécessité d’une réglementation plus simple et plus cohérente à l’échelle de l’UE. L’objectif est de faciliter les investissements et, si nécessaire, certaines consolidations du marché.
Un avertissement sur l’IA pour les entreprises de l’UE
Le constat de Nokia n’est pas isolé. Aux États-Unis, pourtant en avance sur l’IA, 88 % des entreprises partagent les mêmes inquiétudes. Mais pour l’Europe, le risque est plus élevé. Après tout, sans réaction rapide, l’IA pourrait accentuer le retard numérique du continent.
Avec cet appel à l’union, Nokia ne s’oppose pas à l’IA elle-même. La société alerte surtout sur l’urgence de construire un socle numérique solide, capable de supporter la prochaine vague du supercycle de l’IA. Sans cela, même la technologie la plus prometteuse pourrait se heurter à un mur très concret, celui des réseaux.
Cet article Solide comme un 3310 : Nokia veut unir les entreprises de l’UE contre l’IA a été publié sur LEBIGDATA.FR.
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